Une place de marché Afrique-Europe

12 juin 2016

Dans un contexte économique toujours plus mondialisé et l’existence dans nos magasins occidentaux de produits émanant d’usines localisées aux quatre coins du globe, l’inexistence de produits Made in Africa surprend d’autant plus que cette production existe, se développe et est prisée mondialement pour sa créativité et sa capacité à s’inscrire dans la modernité tout en préservant les savoir-faire.
Aujourd’hui, de plus en plus de productions africaines offrent au consommateur occidental une expérience de consommation assez unique alliant créativité et modernisme à une production éthique et de qualité. Cette approche économique est à la fois novatrice pour ce qu’elle intègre la dimension humaine dans son approche économique en faisant des choix délibérés de production (fabrication manuelle, matières premières locales) pour protéger son cadre sociétal, lui offrant ainsi la perspective de s’inscrire dans l’économie de demain.
Le nombre de designers africains primés, adulés par le monde de l’art, du design contemporain explose. Cette tendance s’inscrit dans un nouveau genre de consommation, celui du sens, de la quête des racines et de la préservation des savoirs ancestraux que la recherche constante du prix le plus bas a bien failli nous faire perdre, tout comme, souvent, les équilibres sociaux et environnementaux qui les
accompagnaient.
Tout comme pour l’industrie alimentaire qui a connu une progression fulgurante de la demande d’aliments locaux, de bonne qualité et bio (cf. mouvement Slow Food), la production africaine de qualité s’inscrit dans le contexte de la Slow Economy (cf. interview 2/11/2011 Aissa Dione)
Toutefois, au-delà du manque de moyens de ces designers pour faire connaitre leurs productions et des barrières douanières directes
ou indirectes auxquelles ils sont confrontés, c’est l’image générale de l’Afrique et des risques perçus qui semblent constituer le plus
gros frein aux yeux des acheteurs occidentaux: de la conformité des produits au service aprèsvente ou de la nécessité de préfinancer certaines commandes au problème de livraison et de perte de la marchandise, tout cela ne facilite pas la confiance entre acteurs économiques et maintient les producteurs africains dans un contexte commercial international très exigu dont ils ont bien du mal à sortir sans lâcher de leur autonomie à des investisseurs étrangers.

 

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